[ PODCAST ] COURSE À PIED ET NUTRITION

J'ai eu le plaisir d'échanger sur la pratique sportive et l'alimentation du coureur avec Manon Thibaud, nutritionniste et coach sportif.

Pour retrouver son actualité c'est par ici

Alizée : Bonjour à tous ! Bonjour Manon. Je suis ravie de t'accueillir aujourd'hui. Nous avons parlé ensemble de la course à pied et de la nutrition.

Manon : Trop bien tu as frappé à la bonne porte !

Alizée : Pour commencer, est ce que tu veux te présenter ?

Manon : Oui, oui, tout à fait. Alors moi, c'est Manon Thibaud.J'ai 26 ans, je suis coach sportif depuis plus de six ans à mon compte et j'ai enchaîné avec un BTS diététique directement après mes études de coach. Parce que je voulais avoir une double casquette professionnelle et associer les deux pour proposer un accompagnement complet et la passion. En fait, la passion du sport m'a conduite un peu à m'intéresser à la nutrition et à me rapprocher de ce domaine. Donc, j'ai aujourd'hui une double casquette professionnelle qui me permet de faire du suivi avec, avec les personnes qui ont divers objectifs. Et moi, je suis passionnée de course à pied, donc j'ai tout doucement un peu spécifié mon activité vers vers la course à pied, notamment pour le public débutant. J'ai une vie de coach, mais j'ai aussi une vie d'athlète, c'est à dire que je fais de l’athlétisme depuis plus de quinze ans et je suis vraiment passionnée par ça. J'ai à cœur de transmettre en fait la passion de la course à pied aux autres personnes, aux personnes qui ont envie de se, de se fixer des objectifs, des challenges dans la course.

Alizée : Justement, j'allais te demander d’où ça t’été venu. Donc effectivement, c'est parce que tu as un passé aussi et une activité de sportif.

Manon : Oui, mais en fait, j'ai toujours fait du sport. Déjà depuis que je suis toute petite, j'ai testé différents sports et c'est vers l'âge de douze ans que j'ai commencé l'athlétisme et ça a été la révélation. Ça a été vraiment le sport. Si ça n'avait pas été, l’athlétisme ça aurait été la danse. Mais danse / athlétisme, les deux, c'était des passions.
Et c’est vrai que mon cœur Il a été conquis par l'athlé et depuis, depuis j’ai fait que évoluer dans cette discipline au fur et à mesure des années. Et voilà, aujourd'hui, c'est aussi mon métier,

Alizée : Très bien et ça me rappelle mes tout débuts quand je me suis mise à la course à pied parce que moi aussi, j'adore courir. Bon je ne fais pas de l'athlé mais de la course à pied. Et c’est vrai qu’au début, tu vois, j'avais beaucoup de mal parce que t'es vite essoufflée. T’es claquée Donc tu commences à courir après, tu marches après tu te remets à courir tu rentres, tu es au bout de ta vie et en fait, plus tu cours et plus tu adores courir. Oui, et quand tu arrêtes de courir, tu re galères à courir et et voilà. Et en fait, au fur et à mesure du temps, donc la maintenant ça y est je peux couper, reprendre et j'adore toujours autant et tu as quand même des gens qui me disent mais la course à pied c’est nul c’est toujours pareil, tu es fatiguée Et en fait non. J’ai l’impression que tu as un GAP et quand tu as atteint ce GAP ça devient vraiment quelque chose de fou. Est ce que tu pourrais nous expliquer d'où ça vient ? Le fait que la course à pied, ça peut devenir un peu addictif parce qu'on se sent bien ?

Manon : Oui, c'est ça. C'est exactement le mot. C'est addictif, addictif, en fait, à ce qui se passe physiologiquement dans notre corps, physiologiquement. En fait, on a des hormones qui sont qui sont sécrétées, issues de l'activité de course, que je pense que t'as déjà dû entendre ce nom là,les endorphines ?

Alizée : Oui

Manon : En fait, les endorphines sont les hormones de la récompense et de la joie. Donc en fait, c'est comme si tu étais, tu prenais un shot d'endorphines. Mais ces endorphines là, tu vas les ressentir quelques minutes après ton effort et ça va se prolonger dans le temps, quelques heures ou quelques jours et tout. Et en fait, c'est une vraie addiction. C'est comme une toute autre addiction, mais une addiction qui est qui est une addiction santé en fait. Donc il vaut mieux être addict à ça que au sucre ou au tabac ou autre. Mais c'est comme tout type d'addiction. En fait, le corps en redemande, il est en demande en fait, de ses endorphines.

Alizée : Comment ça se fait qu'il y ait des gens qui n'arrivent pas à ce stade là ? Tu vois au début, quand tu veux commencer à courir comment tu fais pour démarrer, pour ne pas être essoufflée trop vite, être essoufflé.

Manon : Dans tous les cas, tu seras essoufflé. Parce que parce que ton cœur n'est pas entraîné pour ça. Il faut savoir que la course à pied, c'est une des disciplines les plus complètes qu'on puisse trouver dans le sport. OK, parce que ça fait travailler.Et musculairement Et au niveau cardiovasculaire donc, en fait, tu entraînes vraiment tous tes muscles, un certain nombre de muscles et notamment ton cœur. Donc, toute activité cardiovasculaire nécessite des adaptations et ces adaptations là qui sont physiologiques. Il faut laisser le temps à ton corps de s'habituer. Donc il faut pas être trop pressé. Et souvent, les erreurs que commettent les débutants, c'est qui veulent en faire trop tout de suite. Ils veulent, ils veulent se défouler donc ils courent en fait, super vite, ils connaissent pas leur rythme, se connaissent pas. En fait, dans cette discipline, ils se connaissent pas. Donc souvent, la problématique, c'est que j'arrive à bout de souffle au bout de deux minutes d'effort. Parce que je ne sais pas vraiment comment démarrer le final.Et quand on est à bout de souffle,c'est qu'on a couru trop vite ? On sait qu'on ne sait pas respirer ? C'est les deux en fait, souvent, c'est parce que vous,vous allez trop vite,mais parce que si vous allez trop vite, du coup, vous n'arrivez pas à gérer votre souffle aussi. Et comme le cœur, il monte très très vite parce qu'il n'est pas entraîné. Il y a une oxygénation. En fait, au niveau musculaire qui ne suit pas le cœur, il n'arrive pas à pomper assez de sang pour redistribuer aux muscles en fait. Donc ton muscle est asphyxié. Si tu veux imaginer un truc, c'est ton muscle il est asphyxié, donc tu peux. Plus tu peux, plus tu peux plus courir.

Alizée : Donc est ce que la solution ça serait si on commence à être trop vite essouffler, d'aller moins vite ?

Manon : Hum. C'est une des une des choses à faire, mais qui est souvent un gros challenge pour les débutants. C'est compliqué de ne pas aller vite, mais c'est que dans l'enseignement des débuts en course, on va chercher en fait à trouver une allure où on peut justement travailler son souffle, où on va pouvoir associer aussi de la marche pour habituer le corps justement en douceur et être dans un dans un, on va dire dans un cercle positif de réussite. Parce que même si tu mets de la marche, tu vas arriver au bout de ton effort sans être complètement à bout de souffle. Et ça va être mettre dans un dans un élan de motivation. Tu vas dire que tu progresses petit à petit et finalement les kilomètres, tu vas pouvoir les accumuler plus facilement.

Alizée : Mais alors attends Parce que souvent, ce que je vois, c'est que tu as des gens qui commencent, bon je le faisais aussi au début, tu commences à courir, tu est fatiguée, donc tu marches et après tu te remets à courir mais j'avais lu aussi que c'était pas très très bon pour le cœur. Tu sais quand tu cours et que tu t'arrêtes. Et même moi ça me le fait quand quand je cours et que je m'arrête parce que y a un passage piéton, je ne sais pas , et je repars. En fait, je repars dans le mauvais rythme et après je peux avoir un point de côté, je ne sais pas si il y a des liens

Manon : Alors si tu t'arrêtes net ça te coupe dans l'effort, ça effectivement c'est pas bon. C'est pour ça que quand on vient de s'arrêter de courir, il faut marcher. En fait, il faut rester en action, en mouvement. Donc c'est un mouvement passif et c'est là, t'es pas obligé de trottiner. Mais il faut en tout cas marcher. Si tu coupe net, tu coupes la circulation. Et si derrière tu repars tout de suite sur un effort en fait tu choques ton corps. Donc effectivement, ça peut créer des une mauvaise respiration, des gênes, des sensations désagréables. C'est sûr qu'un passage piéton moi j'ai l'air d'une gogol mais moi je cours. En fait je m'arrête pas. Et d’ailleurs j’en vois beaucoup qui font pareil parce qu’en fait quand tu coupes net c'est trop dur après de redémarrer. Mais c'est ça que ce soit physiquement, même psychologiquement, t'as coupé, puis d'un seul coup, tu dois repartir. Il faut y aller vraiment en douceur. A la limite tu marches sur ton passage piéton avant de se remettre à courir. Mais il faut au moins que tu aies marché quelques pas et ça m’amène à une autre question.

Alizée : Donc après la course et avant la course, est ce qu'on peut commencer ? Avant la course, il faut s'échauffer. Et est ce que, après la course, il faut s'étirer parce qu'on entend Tu sais parfois qu'il ne faut pas s’étirer à chaud Ou alors si justement il faut s’étirer à chaud c’est un peu compliqué et sincèrement, moi ce que je fais c’est que quand j'ai besoin d'aller courir, tu sais en gros je fais ma journée et après j'ai de l'énergie et je vais courir Mais je ne m’étire pas, je ne m’échauffe pas avant, je vais courir et je reviens. Je ne m’étire pas tout le temps, tu vois ? Bon, en vrai, je n’ai pas tant de courbartures que ça parce que personnellement, je sais que moi c'est quatre kilomètres 20 minutes et c'est niquel. Mais je sais que tu peux avoir des courbatures. Quand tu reprends la course et que tu cours plus longtemps. Donc est ce qu'il y a des choses à optimiser pour bien préparer la course ? Bien la terminer et bien récupérer.

Manon : Oui, oui, bien sûr, l'échauffement, il est primordial. Ne pas ne pas s'échauffer, c'est simplement risquer d'avoir des petites douleurs passagères ou même chroniques dans le temps. Si tu ne t’échauffes jamais alors qu'un bon échauffement, en fait, ça paraît, ça paraît con, mais ça va venir. En fait, activer l'augmentation de la température corporelle et donc chauffer tes muscles qui eux, du coup, seront préparés à l'effort que tu vas me demander; Parcequ’en fait là tu passes de zéro C'est comme si t'avais en hiver ton moteur. Il fait moins, -5. Tu démarres ta voiture directe, tu pars comme ça. On sait que ce n'est pas bon. Je sais que je le fais, mais c'est moi. Je le fais que ma voiture. Même parfois pour courir, mais c'est pour imaginer, pour imager le truc. Ton moteur, il est froid, tu passes de super froid à d'un un coup chaud et hop tout de suite vous qui démarre mais en fait il n’a pas le temps de chauffer. C'est pour ça que normalement on fait chauffer la voiture en hiver un peu avant de partir. Ben là, ça c'est le même principe, c'est que tu passes de un état de froideur totale des muscles qui sont pas chaud des articulations, pas mobiles, tu vois et tu vas et tu vas lui demander d'un seul coup de mettre de l'impact, d'augmenter la température corporelle, de faire monter la fréquence cardiaque. En fait, c'est trop brutal, donc c'est pour ça qu'un bon échauffement ça permet de préparer ton corps et ça prévient les blessures.

Alizée : Est ce que ça peut être un échauffement qui peut durer cinq minutes, Un petit échauffement ?

Manon : Oui, mais c'est ça, Mais c'est exactement ça. En fait, on va pas chercher très loin, on va juste chercher en fait à mobiliser les articulations qui sont essentiellement utilisées pendant la course, à savoir donc les chevilles, les genoux et les hanches. Et on va chercher à faire un peu de mobilité. Le haut du corps, c'est quand même léger parce que c'est pas la partie qu'on utilise le plus, même s'il est important. On va vraiment chercher à mobiliser les chevilles, les genoux et les hanches et et on peut faire des exos simples chez soi de mobilité. Et ça, ça prend vraiment pas longtemps. Et d'ailleurs sur mon insta J'essaye de mettre du contenu là dessus, de proposer un contenu accessible qui va donner envie à la personne de prendre cinq minutes pour le faire parce que ça coûte rien et au contraire, ça évite de se blesser ou d'avoir des mauvaises sensations. Tu verras que si tu t'échauffes cinq minutes avant, bah dès que tu vas démarrer la course, tu vas mieux vivre tes premiers instants de course parce que tu seras plus échauffée ton corps, il sera chaud, il sera préparé. Et les étirements On entend beaucoup de choses effectivement. Alors après ça va être ma parole de coach et par rapport aussi à mes connaissances, je sais que les étirements juste après l'effort, ils sont là uniquement pour revenir un peu en état de repos et parce que ça fait du bien. Il y a des personnes qui ne s’étirent pas parce qu'ils n'en voient pas la nécessité et parce que pour eux, ça ne change rien à leur vie. Moi, je sais que ça a un temps pour moi pour me remettre de mon, de mes émotions, de la de la séance que j'ai fait. Ça permet de rabaisser un peu la température du corps, de retrouver une fréquence cardiaque, de repos, et cetera Donc ça fait du bien. Mais physiologiquement tu n assouplis pas ton corps et tu ne récupères pas à ce moment là. C'est même déconseillé de s'étirer juste après l'effort parce que comme t'as encore des contractions, tes muscles sont encore contractés en fait. Donc tu ne peux pas chercher à la fois à assouplir une fibre musculaire qui est contractée. Les deux opposés ne peuvent pas fonctionner ensemble. Donc là, il faut laisser un laps de temps plus long entre autour de 2 h après ton entraînement pour faire de vrais étirements. Et donc là, tu peux aller chercher à être en connexion avec, avec des articulations, avec tes muses pour vraiment les étirer et voir les zones qui ont le plus besoin d'étirements. Moi, je sais, par exemple à titre personnel, que mes mollets et mes iscio jambiers derrière, il faut toujours que je les étire. Parce que, après une séance ou même après un footing, je sens que c'est raide. Mais moi, c'est parce que mon corps, il me demande des étirements. Mais il y a des personnes qui ne s’étirent jamais Ne jamais s'étirer. Par contre, ça, ça, ça a quand même un facteur limitant, c'est que tu as un risque de blessure plus important.

Alizée : Et il y a une question aussi qui me vient, c'est quand est ce qu'il faut boire ? Parce que c'est pareil. Je sais que je ne bois pas forcément tout le temps dans la journée. Et est ce qu'il faut boire avant l'épreuve ? On peut boire pendant ou beaucoup après. Tu sais, j'ai une application qui me dit il faut boire un litre

Manon : Alors ça, c'est un peu individuel aussi au cas par cas. Ce que je fais. Est ce que je conseille aussi à mes clients, c'est de boire sous forme de petites gorgées régulières. Ça, ça évite en fait de remplir l'estomac d'eau et en fait, quand tu es en même temps en train de produire l'effort. Tu peux créer des bulles d'air et ça peut créer des points de côté en fait. Donc boire plutôt sous forme de petites gorgées régulières. Bien boire avant, c'est selon moi déjà un grand verre d'eau, tu vois. Et après l'effort, deux grands verres d'eau. Après, c'est vraiment théorique.

Alizée : Non mais tu vois c'est bien parce que c’est facile à retenir. Je trouve de se dire je sais que avant de courir, je bois un verre. Après j'en bois deux c'est facile à mettre en place. Alors que quand on te dit ça dépend de comment tu cours en fait on ne fait rien En tout cas, personnellement, si il n’y a pas de métrique je ne fais pas gaffe.

Manon : Ouais ouais, en fait j'ai envie de te dire ne pars pas courir si tu es déshydratée, ça paraît logique parce que tu vas créer encore plus de déshydratation à cause de la sudation et tout simplement de toute l'eau que tu utilises pour ton effort, donc tu es déshydratée. Après Que ce soit un verre d'eau, deux verres d'eau ou quoi, ça va dépendre de toi aussi. Comment tu te sens Mais en tout cas, post effort, il faut se réhydrater tout de suite. Même si t'as fait quatre kilomètres. Que tu en aies fait quatre ou dix Pour moi ça ne change rien, t'es en état de déshydratation donc il faut t'hydrater au moins avec deux verres d'eau.

Alizée : J'ai l'impression que c'est un peu comme les étirements. En fait, tu le sens. Je sens quand je rentre que j'ai envie de boire, tu vois, et je pense qu’il faut vraiment être à l'écoute de son corps

Manon : C'est exactement ça. Alors, être à l'écoute de son corps, c'est facile et pas facile. Il y a certaines personnes qui arrivent à le faire facilement, d'autres qui ont beaucoup plus de mal à se poser certaines questions. Est ce que j'ai soif ? Est ce que j’ai faim ? Dans l'alimentation Dans mon approche sur la nutrition intuitive, je pose ses questions là à certains clients et des fois il y en a je leur pose des colles. Quand je leur demande ça donc Écouter son corps, effectivement, c'est la clé, mais ça s'apprend.

Alizée : Et c'est vrai que j'avais lu une étude qui disait que parfois on avait l'impression qu'on avait faim. Mais en fait, c'était pas qu'on avait faim, c'est qu'on avait soif. Donc apparemment ce qu’il est bien de faire c’est de commencer par boire un verre d'eau et voir si c'était réellement de la faim ou si ce n’était pas de la soif et on n'arrive pas à comprendre le message.

Manon : Oui, oui, tout à fait. Ben c'est peut être aussi parce qu'on fonctionne en mode pilote automatique dans une société où on a aussi beaucoup de charge mentale à gérer donc on est quand même pas sensibilisé à écouter son corps, On est plus en mode “Il faut faire si, ça, ça.” Un peu en mode robot tu vois. Donc oui, je pense que c'est bien d'avoir certains réflexes et de se poser certaines questions avant d'agir sur sur son alimentation, sur son, sur son effort physique ou d'autres d'autres choses.

Alizée : Du coup, c'est parfait parce que ça nous permet d'aller dans la deuxième partie du Podcast qui est la nutrition. Est ce que tu aurais des recommandations d'une bonne alimentation d'un sportif et en particulier de la course à pied ?

Manon : Une bonne alimentation ? Pour moi, c'est une alimentation qui est équilibrée et qui est complète dans le sens où en fait, on a trois macro nutriments principaux qui nous apportent de l'énergie sous forme de calories. Du coup sont les lipides, donc les graisses, les protéines et les glucides. Et les glucides. Tu as deux sortes de glucides, tu as les glucides simples, donc à savoir le sucre et les glucides complexes. Ils sont dits complexes et on dit que ce sont des féculents parce que, en fait, ils ont un temps de digestion lent. En fait pour le corps, et c'est ceux là qu'on va privilégier en tant que coureur, pour pour avoir de l'énergie stockée et de l'énergie facilement disponible aussi. Du coup, en fait, pour moi, une alimentation équilibrée, c'est une alimentation qui va joindre ces trois piliers et en quantités équilibrées, à savoir que les protéines sont indispensables à chacun des repas, les graisses et les féculents aussi. Donc, il faut en fait structurer son assiette avec ses trois, ses trois sources d'énergie, mais c'est en fonction de son appétit. Donc en fait, le discours de il faut que tu aies tant de féculents dans l'assiette, tant de protéines, tant de graisse, et cetera Il est théorique, mais après il est individuel par rapport à ses propres sensations. Il y a des personnes que je que je suis, qui n'ont pas besoin de manger des féculents à tous les repas. Et même s'ils sont importants, bah ils s’écoutent et finalement ça n'impacte pas leurs performances. Donc voilà. Moi je pars du principe qu'il y a une théorie, puis après il y a l'écoute du corps et il y a la personne, comment elle vit, son alimentation aussi au quotidien.

Alizée : Et j'en ai entendu pas mal qui disaient, donc des athlètes ou des sportifs réguliers, que après l'effort, ils se permettaient d'avoir le cheat meal parceque apparemment ils ne stockaient pas alors je ne sais pas si c'est

Manon : Parce que apparemment ils ne stockaient pas ?

Alizée : Oui, c'est ça. Ils se disaient qu'après un gros effort physique, ils pouvaient aller faire un fast food ou autre parce qu'ils savaient qu'ils n’allaient pas stocker. Est-ce que c'est une utopie ?

Manon : Oui. Pour moi une utopie. Parce qu'en fait justement, on a tous les récepteurs membranaires qui sont actifs quand on vient de produire l’effort parce que justement notre corps a besoin de récupérer. Donc on a toutes nos membranes cellulaires qui vont accueillir les micronutriments, les nutriments. Donc si on va stocker, mais en fait, on va stocker de l'énergie pour, pour la récupération, pour la reconstruction musculaire. Alors je ne suis pas forcément adepte du cheat meal parce que c'est pas au niveau qualitatif ce qui va être le plus...

Alizée : Puis je pense qu'il faut se faire plaisir un peu, tout le temps. Oui, il faut se faire plaisir. Si on part du principe qu'on fait un cheat meal ça veut dire que le reste du temps on ne fait pas plaisir. Et je pense qu'il faut apprendre à manger selon ses besoins.

Manon : Exactement

Alizée : Et pas se restreindre.

Manon : Ah non il ne faut pas se restrindre. J’ai complètement le discours qui va dans ce sens là. Pour moi l'alimentation c'est manger, c'est la vie. Manger c'est un plaisir qu'on fasse un effort ou pas, il faut trouver du plaisir dans son alimentation. Ça, c'est la base, comme trouver du plaisir à courir. En fait, il faut que ça fasse plaisir, tout simplement. En fait, on oublie un peu trop ce paramètre là, mais c'est quelque chose de simple au final dans la vie. Mais voilà, c'est important de le dire. Alors le cheat meal après l'effort, pourquoi pas ? Pourquoi pas, mais ça ne veut pas dire que tu ne vas pas stocker. Tu vas stocker l'énergie les glucides, tu vas les stocker sous forme de glycogène musculaire. Ton corps va avoir les mêmes adaptations voir même, il va tellement être en besoin que il va récupérer cette énergie tout de suite. Après, soit il la consomme sur place parce qu'il a encore besoin. Donc c'est pour ça que certainement c'est dit que on ne stocke pas. Parce qu'en fait l'énergie on en a tellement besoin tout de suite que le corps va l'utiliser. Mais on va quand même en stocker une partie.

Alizée : Et comment on fait du coup pour avoir des bons glucides, des bonnes protéines, et du bon gras ? Parce que, en fait, vu qu'il faut les trois, et que l’on arrête pas de nous parler des aliments transformés, les bonnes graisses, les mauvaises graisses. On te dit il faut manger des bonnes graisses, ok mais c'est quoi les bonnes graisses ? pareil, les glucides c'est bien ok mais quels glucides tu vois? Les féculents: les pâtes, pas les pâtes, les pommes de terre. Est-ce que tu aurais deux ou trois tips ?

Manon : Alors je vais essayer d'être simple et clair. Les bonnes graisses, tu vas les trouver dans les huiles végétales, dans les poissons, notamment les poissons gras et les petits poissons, donc huile végétale, qui vont être riches en un profil type justement de graisses. Ceux sont les oméga 3. On en a vraiment besoin parce qu'on n'est pas capable de les synthétiser nous mêmes et on les utilise énormément durant l'effort. Notre système nerveux, il a besoin de ses graisses et il distribue en fait à l'ensemble du corps ces graisses pour pouvoir créer les contractions musculaires, pour pouvoir générer en fait le potentiel d'action membranaire. Donc on est obligé d'avoir ces graisses là, mais on n'est pas capable de les synthétiser.Donc il faut les apporter par l'alimentation et les sources principales. C'est vraiment les huiles végétales, à savoir en profil : l’huile de colza, l'huile de noix, l'huile de lin, l'huile de pépins de raisin.

Alizée : OK très bien c'est clair.

Manon : T'as l'avocat aussi qui est une très bonne source d'oméga 3 et tous les poissons gras et les petits poissons, notamment les sardines, les maquereaux, c'est des très très bonnes sources. Voilà, après tu as le thon, le saumon aussi en poissons gras qui en important. Donc il faut essayer vraiment d'avoir la bonne part de ces aliments au sein de son alimentation et tout ce qui est aussi graines, graines de lin, graines de chia sont très riches en oméga 3.

Alizée : Super !

Manon : Donc là pour le sportif et pour le coureur, c'est indispensable. Et même je vais aller plus loin encore. On en manque dans notre alimentation. Même si on mange ces aliments, on en manque encore quand on est sportif et qu'on fait de la course à pied. Moi, je préconise de faire des cures, notamment là, en hiver, des cures d'oméga 3 pour en complément alimentaire, pour avoir des réserves. Mais les faire sous forme de cure.

Alizée : Tu vois ça me fait penser, c’est vrai qu’on dit souvent que quand tu cours,tu fonds au niveau de la graisse, tu peux avoir une fonte musculaire aussi et tu peux perdre... Tu peux perdre de la masse grasse. C’est aussi pour ça qu’il faut se supplémenter ?

Manon : Alors la masse grasse du tissu adipeux C'est plus des acides gras, c'est des graisses saturées. C'est pas tout à fait le même profil, mais en fait les oméga 3 c'est surtout là dedans. En fait, au niveau de ton système nerveux. Il est en communication avec ton muscle si tu veux et il envoie un message comme quoi il faut contracter le muscle. Et tu as besoin de ces oméga 3 pour faire ça. En gros. je grossis vraiment le trait mais c'est pour que ce soit facile à comprendre.

Alizée : Tu vulgarises.

Manon : je vulgarise, mais c'est comme ça que ça se passe. Et du coup, les bonnes graisses c'est vers ce type là qu'il faut essayer d'optimiser en tout cas la part.

Alizée : Et quelles sont les bonnes protéines ? Parce que tu sais on nous dit maintenant il faut plus trop manger de viande rouge, après tu as aussi des profils végétariens ou vegans, et je trouve aussi pas mal d’influenceurs qui sont végans et sportifs. Mais moi déjà, personnellement, j'essaie de manger de plus en plus vegan mais c'est compliqué.

Manon : Alors vegan c'est vraiment le régime le plus stricte en termes de ce que tu as le droit de manger et pas le droit par rapport aux convictions et aux aliments autorisés. Donc je ne pense pas que tu en sois à ce point là. En fait souvent, on tend plus, la société tend plus, vers le végétalisme, le végétarisme, tu vois. Donc c'est vrai qu'il faut être bien informé sur ce régime. Ça n'est pas incompatible avec la performance et le fait d'être sportif. Pas du tout. Mais par contre, il faut être au courant des différentes carences possibles sur le long terme pour ce supplémenter dans le temps et ne pas souffrir justement de déséquilibres au niveau métabolique parce que là, pour le coup, ça peut générer de la fatigue et des blessures et des problèmes de santé. Donc c'est plus par rapport à ça. Maintenant, trouver des protéines alimentaires qui ne sont pas animales, c'est tout à fait possible. Et moi je le préconise aussi parce que personnellement, dans mon régime alimentaire, la viande rouge c'est pas ma tasse de thé et c'est pas du tout la viande rouge qui permet de faire de la performance. Enfin, c'est un gros mythe. Donc la viande rouge, c'est pas parce que tu manges de la viande rouge que t'es super fort, tu peux très bien manger des lentilles et être super fort. Donc ça ne dépend pas de ça. Mais par contre ça dépend vraiment de la quantité de protéines que tu ingères au quotidien pour reconstruire ta masse musculaire. Pour les besoins de ton muscle en fait. Donc il faut aller vers des protéines qui sont de bonne qualité, donc bonne qualité. En fait pour moi bonne qualité, c'est juste que c'est brut et non transformé. Donc c'est mieux d'aller acheter son escalope de poulet au boucher. Tu vois, aller vers des circuits courts, sur des marchés, sur des circuits courts en fait. Où tu sais la provenance de ton produit entre guillemets et il n'y a pas eu de traitement dessus pour la conservation. Plutôt que d'acheter sa viande sous vide ou ou même ses protéines végétales sous vide. Tu sais, on m'a posé la question. Les steaks végétaux, tu regardes leur composition. En fait, c'est pas parce que c'est végétal et que c'est bio que c'est mieux. Non mais tu vois ?

Alizée : Non mais clairement.

Manon : En fait, tu regardes la composition nutritionnelle dans la liste des ingrédients, tu as un cocktail d'additifs, de conservateurs et et finalement des agents qui permettent de créer ce produit là. Mais finalement chez toi, si tu prends les mêmes ingrédients bruts et que tu mixes dans un mixeur tes produits, ça te fait un steak végétal et ça a pris, Ça a pris cinq minutes, tu vois. Donc moi, je vais en fait plus conseiller ça, conseiller d'acheter des aliments bruts et ensuite d'en faire ce qu'on veut. Des boulettes, des Steak, même des plats préparés. Enfin, ça n'a aucun intérêt. En fait, il faut se faire sa propre, sa propre source d’apport protéique vraiment brut. Et pour les légumes, c'est pareil. Pour avoir une bonne source de vitamines, faut essayer de tendre plus vers des légumes qui sont bruts, non transformés, sur des marchés de produits locaux. Et pour les féculents, enfin pour les glucides. La question des pâtes, c'est ça ?

Alizée : Oui. Est ce que c'est bon ou pas de manger des pâtes ?

Manon : Ben je ne vais pas te dire que c'est pas bon. Oui, c'est bon, j'adore les pâtes, mais tu vois, ce n'est pas la seule source de féculents et j'aurais tendance en fait moi, à dire qu'il faut un équilibre entre ce qui fait plaisir, les féculents qui sont à tendance gluten, et ceux qui sont sans gluten pour l'équilibre digestif. De plus en plus de personnes ont des sensibilités au gluten et développent un peu des sensibilités. Je vais parler de sensibilité plutôt que d'intolérance parce que c'est un abus de langage. C'est pour ça que si, en fait, c'est intéressant d'avoir des sources de gluten et des repas sans gluten pour l'équilibre digestif, pour bien digérer son repas. Une bonne gestion fait que derrière t’es performant. En fait Dans quel but je dis ça ? C'est dans le but que si tu digères bien forcément derrière pour produire ton effort, tu seras mieux, tu seras en énergie. Alors que si tu as l'estomac lourd et que tu n'arrives pas à digérer certains nutriments, et notamment le gluten, ça va impacter ton état de forme après pour ton entraînement ou pour ta course. Donc ça nécessite encore une fois de connaître son seuil de tolérance et de s'écouter. Mais les pâtes, c'est pas plus mauvais que du riz ou du quinoa ou qu'une autre source de céréales en fait. Mais juste comme c’est à tendance gluten j'aurais tendance à conseiller de ne pas consommer que ça. Mais bien sûr, on peut consommer des pâtes, On peut consommer une diversité de produits en fonction de ses plaisirs.

Alizée : C’est très clair. En fait oui au gluten, mais il faut aussi faire des repas sans gluten.

Manon : Tu vois moi typiquement je vais conseiller sur un plan diète du coureur mes clients. Je leur propose un plan. Après, c'est à eux de l'adapter en fonction de ce qui leur fait plaisir justement. Mais moi je leur mets le midi pâtes, semoule et cetera et en source de féculents le soir, je leur mets plutôt préférer la pomme de terre ou le riz. Tu vois parce que le soir on essaye d'avoir vraiment un allègement digestif. Pourquoi ? Parce que si ton système digestif est allégé le soir et bien tu optimises ton endormissement et tu optimises ton sommeil. Un repas lourd le soir tu dors mal la nuit. Du coup ton foie il passe son temps à sécréter des sucs pour essayer de digérer et du coup t’es pas disposé à t’endormir parce que t'es occupée à digérer. Tu vois ? Donc vraiment c'est plus dans ce côté là alléger son système digestif. Si tu dors bien, tu récupères bien. Donc tu vois c’est tout un cercle vertueux.

Alizée : Exactement. Bah écoute merci ! Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Manon : On peut me souhaiter que je continue de performer, de me faire plaisir dans mon métier, mon activité.Et puis 2024, une année, une année pleine d'énergie, j’ai envie de te dire et surtout pour les autres, parce que j'aime aussi transmettre toute l’énergie que j’ai !

Alizée : Très bien, merci beaucoup !

Manon : Et bien je t'en prie !

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